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Le paquebot Ile-de-France, un art de vivre


Une exposition consacrée au paquebot Ile-de-France
au Musée des Années Trente à Boulogne-Billancourt
du 16 octobre 2019 au 10 février 2020


Plusieurs vies pour un navire

Dans cet entre-deux-guerres foisonnant, où le monde change si vite, où les voyages se multiplient, le paquebot devient un mode de transport synonyme d’art de vivre, élitiste mais sûr. Parmi les grands bâtiments lancés dès les années 1920, Île-de-France prend très vite une place à part grâce à son luxe et son décor, et suscite un attachement international qui durera tout au long d’une carrière mouvementée. Construit par la Compagnie générale transatlantique, il répond à un besoin de redorer son blason et de faire face avec éclat à la concurrence d’autres compagnies, comme la Cunard ou la White Star Line. Mission largement accomplie dès son lancement en 1927 !

Ce géant des mers incarne l’excellence de l’art français, tant y est somptueuse la décoration due aux meilleurs ensembliers et artistes. On danse et on s’amuse beaucoup à bord et, surtout, on y mange royalement : la gastronomie, cet art français inimitable, y est déployée par les plus grands chefs. Île-de-France jouit d’une renommée exceptionnelle pendant ses premières années de service, assumant le nom de « Paris aristocratique » ou encore de « plus beau seau à champagne du monde ».

Croix de Guerre

La guerre de 1939-45 lui donne une affectation loin de sa destination d’origine. Il devient trooper sous pavillon britannique, transporte autour du monde des troupes australiennes, africaines ou anglaises, et rapatrie en métropole des Français d’Indochine et d’Afrique du Nord. Il y gagne la croix de guerre et le privilège de ne pas partir à la casse, comme une grande partie de ses congénères d’avant-guerre trop lourds, trop chers, trop anciens… Ses armateurs lui redonnent une nouvelle vie : deux ans de travaux le transforment, il perd une cheminée sur les trois à l’origine. Remis à l’eau en 1949, il vogue toujours vers New York mais aussi vers les Antilles. Les codes sociaux et les habitudes ayant changé, la répartition entre les classes est modifiée : il y a moins de passagers, moins de cérémonial, mais le label « qualité française » demeure. Les stars européennes ou américaines sont toujours là et posent sur le pont.

« Chevalier de l'océan »

Aux surnoms admiratifs accordés par la presse internationale dans les années 30 viendront bientôt s’en ajouter d’autres, comme ceux de « chevalier de l’océan » ou « saint-bernard des mers », nés de sauvetages mouvementés où ses interventions sont décisives, comme celui du cargo Greenville en 1953 et du paquebot Andrea Doria en 1956. C’est à cette occasion qu’Île-de-France reçoit, outre les décorations et les félicitations des gouvernements impliqués, l’hommage exceptionnel de l’Amérique, la parade de la remontée de l’Hudson, dans le vacarme réservé aux héros. Deux ans allaient encore s'écouler avant son dernier voyage, du 1er au 17 novembre 1958. En un peu plus de 30 ans, Île-de-France a transporté plus de 900.000 passagers et parcouru environ 3 millions de miles marins.


Site du Musée des Années Trente


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