
L'évasion du cuirassé Jean Bart
La construction du RICHELIEU à Brest et celle du JEAN BART à Saint-Nazaire avaient été
décidées pour répondre à la mise en chantier par l'Italie des
deux cuirassés LITTORIO et VITTORIO VENETO.
Le 12 décembre 1936, le premier rivet du JEAN BART est solennellement posé dans la grande forme "Caquot" des chantiers de la Loire. Cet ouvrage, unique en son genre, permet de construire des grands navires et de les mettre à l'eau sans procéder au lancement habituel, opération toujours délicate, et sans immobiliser, comme à Brest, une forme de radoub classique.
La date de sortie du navire était primitivement fixée en octobre 1940, il devait alors se rendre à Brest pour y terminer son armement et procéder à ses essais. L'attaque allemande de mai 1940, qui ponctue la fin de la "drôle de guerre", fait immédiatement peser sur le JEAN BART une menace lointaine sans doute mais qui se précise dangereusement et rapidement au cours des jours sombres du printemps de 1940.
Le commandant du JEAN BART, le Capitaine de Vaisseau Ronarc'h, prend alors toutes les dispositions possibles pour essayer d'arracher son navire à sa cale de construction où il se trouve prisonnier. Une seule solution possible si l'on écarte l'hypothèse du sabordage : mettre le JEAN BART en état de prendre la mer et l'emmener dans un arsenal hors d'atteinte des coups de l'ennemi. Le problème à résoudre est très difficile, le navire est en effet loin d'être en état de naviguer et la passe de sortie qui doit le conduire en haute mer a besoin d'un dragage important pour permettre au JEAN BART de gagner le large. Peu importe, il faut réussir et tout le monde se met à ce travail gigantesque avec une ardeur stimulée chaque jour par les progrès de l'avance allemande. La sortie doit impérativement avoir lieu le 20 juin car il faut profiter d'une marée de vive eau. Le travail est organisé pour obtenir à cette date un état d'avancement permettant au navire de naviguer et, si possible, de se défendre tant bien que mal contre les attaques aériennes et une tranchée draguée suffisamment large et profonde pour permettre le passage de cette masse imposante.
"
Il est inutile d'insister sur les difficultés rencontrées, mais il faut savoir que, grâce à l'énergie de tous,
le JEAN BART appareille le 19 juin à 3 heures du matin par une nuit noire, il franchit la passe draguée (le dragage a
été terminé une heure avant) avec 30 cm d'eau sous la quille et une largeur de chenal de 45 mètres alors que
sa largeur à lui est de 33 mètres. Faire manoeuvrer dans l'obscurité la plus totale une telle masse dans un chenal
aussi étroit est un exploit peu commun; le Capitaine de Vaisseau Ronarc'h le réussit et c'est ainsi que, grâce à
la volonté de son commandant et au travail acharné de son équipage, des ouvriers du chantier et des services des Ponts
et Chaussées, le JEAN BART quitte sa prison alors que les Allemands qui sont entrés à Rennes le 18 juin, sont
déjà à Nantes le 19 à 12h15. Quand ils occupent Saint-Nazaire le 22, ils trouveront "l'ouvrage Caquot" vide.
Le JEAN BART est en mer, il a essuyé une attaque aérienne dès sa sortie à 4h40 du matin, heureusement
sans dommage, puis a pu mettre ses machines en marche, machines qui n'avaient jamais tourné et qui sont prêtes à
fonctionner à 4h50 dans de très mauvaises conditions sans doute (calorifugeages non terminés, pompes des condenseurs
pas encore au point, etc.) mais elles tournent quand même et, avec le jusant, c'est à 12 noeuds que le JEAN BART quitte
l'estuaire de la Loire. Il est aussitôt rallié par le MAMELUCK qui doit l'escorter puis par LE HARDI, battant
pavillon de l'Amiral de Laborde. A 11 heures, il est accosté par le pétrolier TARN qui lui passe 1000 tonnes de mazout
et 200 tonnes d'eau. A 18 heures, ravitaillement terminé, le convoi se remet en route cap sur Casablanca. LE HARDI est guide
de route (le JEAN BART n'a pas de compas). Après nombre d'incidents affectant particulièrement l'appareil moteur
la vitesse peut être augmentée et c'est à
près de 21 noeuds, que le 22 juin à 17 heures, le JEAN BART arrive à Casablanca.
C'est là qu'au cours des combats du 8 au 10 novembre 1942; il encaissera une bonne quantité de coups de gros calibre. Il s'enfoncera et se posera sur le fond sans trop de dommages.
Renfloué et remis en état de naviguer, il appareille le 25 août 1945 pour rentrer en France. Il arrive à Brest et entre à l'arsenal pour y subir d'importants travaux. Il est entièrement réparé. Les essais à la mer ont lieu à la fin de l'année 1948.
Le 12 décembre 1936, le premier rivet du JEAN BART est solennellement posé dans la grande forme "Caquot" des chantiers de la Loire. Cet ouvrage, unique en son genre, permet de construire des grands navires et de les mettre à l'eau sans procéder au lancement habituel, opération toujours délicate, et sans immobiliser, comme à Brest, une forme de radoub classique.
La date de sortie du navire était primitivement fixée en octobre 1940, il devait alors se rendre à Brest pour y terminer son armement et procéder à ses essais. L'attaque allemande de mai 1940, qui ponctue la fin de la "drôle de guerre", fait immédiatement peser sur le JEAN BART une menace lointaine sans doute mais qui se précise dangereusement et rapidement au cours des jours sombres du printemps de 1940.
Le commandant du JEAN BART, le Capitaine de Vaisseau Ronarc'h, prend alors toutes les dispositions possibles pour essayer d'arracher son navire à sa cale de construction où il se trouve prisonnier. Une seule solution possible si l'on écarte l'hypothèse du sabordage : mettre le JEAN BART en état de prendre la mer et l'emmener dans un arsenal hors d'atteinte des coups de l'ennemi. Le problème à résoudre est très difficile, le navire est en effet loin d'être en état de naviguer et la passe de sortie qui doit le conduire en haute mer a besoin d'un dragage important pour permettre au JEAN BART de gagner le large. Peu importe, il faut réussir et tout le monde se met à ce travail gigantesque avec une ardeur stimulée chaque jour par les progrès de l'avance allemande. La sortie doit impérativement avoir lieu le 20 juin car il faut profiter d'une marée de vive eau. Le travail est organisé pour obtenir à cette date un état d'avancement permettant au navire de naviguer et, si possible, de se défendre tant bien que mal contre les attaques aériennes et une tranchée draguée suffisamment large et profonde pour permettre le passage de cette masse imposante.
"C'est là qu'au cours des combats du 8 au 10 novembre 1942; il encaissera une bonne quantité de coups de gros calibre. Il s'enfoncera et se posera sur le fond sans trop de dommages.
Renfloué et remis en état de naviguer, il appareille le 25 août 1945 pour rentrer en France. Il arrive à Brest et entre à l'arsenal pour y subir d'importants travaux. Il est entièrement réparé. Les essais à la mer ont lieu à la fin de l'année 1948.
Extrait de la monographie du cuirassé Jean Bart, AAMM
Pour en savoir plus...
-
La monographie de l'AAMM : Le cuirassé Jean Bart
- Le récit du Vice-Amiral Ronarc'h : L'évasion du cuirassé Jean Bart
- Une collection de photos sur le site www.netmarine.net
- Le récit du Vice-Amiral Ronarc'h : L'évasion du cuirassé Jean Bart
- Une collection de photos sur le site www.netmarine.net
