LA FABRICATION DES CORDAGES
1 - Le chanvre et sa préparation
Un peu d'histoire
Pendant des siècles, jusqu'à la mise au point des fibres synthétiques, les cordages des navires
ont été obtenus en torsadant des fibres végétales, et notamment celles du chanvre.
Ces cordages étaient fabriqués dans les corderies des arsenaux, du moins pour
la Marine de Guerre.
Ainsi, à la suite de la création de l'arsenal de Rochefort par décision de Colbert en 1661, une corderie royale fut construite et achevée en 1669. Sur les plans de Vauban, une deuxième corderie fut construite dans l'arsenal de Toulon, c'est la plus grande qui ait jamais été construite en France.
Les cordages d'un même navire étaient bien sûr de grosseurs variables selon leurs usages respectifs : drisses, écoutes, balancines étaient moins gros que les haubans, les étais, ou pire encore, les grelins et câbles des ancres atteignant jusqu'à vingt centimètres de diamètre. Un vaisseau sous Louis XIV portait environ 110 tonnes de cordages de chanvre qui, mis bouts à bouts, couvraient une distance de près de 100 kilomètres. Après le bois, c'était le matériau le plus utilisé dans la Marine
On obtenait donc ces cordages à partir du fil de chanvre peigné, dit "fil de caret", en le torsadant par
séries de trois, quatre ou plus. Trois fils torsadés (on dit "commis") donnaient un toron, puis trois
torons commis ensemble formaient une aussière et ainsi de suite jusqu'à l'énorme câble
d'ancre.
Le rouissage du chanvre
La récolte se fait par arrachage. Les plantes sont ensuite liées en petites bottes et destinées, après un petit temps de séchage, au rouissage.
Le rouissage consiste à faire macérer le chanvre dans l'eau pendant plusieurs jours. Cette opération, qui polluait l'eau, était réalisée dans l'eau courante des cours d'eau avoisinant les zones de culture. Le rouissage permet de dissoudre la gomme qui soude les fibres de la plante. Dès que les fibres se détachent sur toute la longueur, la plante est sortie de l'eau pour être séchée. On peut ensuite procéder au broyage.
Le broyage et le teillage
Le broyage se faisait à l'aide d'une broie (broye ou brée en langue ancienne). C'est une sorte de grande mâchoire en bois, parfois en métal qui se referme sur les tiges. En passant les plantes dans la broie, toutes les parties non fibreuses sont broyées.
Le teillage permet d'éliminer toutes les parties broyées au cours de l'étape précédente. Le teillage est réalisé avec de gros peignes (dits aussi "pointes à chanvre") posés à plat dans lesquels on passe les fibres pour les débarrasser des dernières impuretés. On ne conserve alors que la fibre sous forme de filasse, ce qui nécessite un véritable tour de main pour l'extraire des pointes métalliques de l'outil.
Le cardage ou affinage
L'affinage de la fibre se fait au moyen de cardes. Les fibres sont peignées et démêlées afin de les rendre bien parallèles pour le filage.
Pour cette opération, on utilisait des cardes à main. Avec l'essor de la mécanisation au XIXe siècle, les cardeuses mécaniques (à balancier) puis les cardeuses à tambour ont remplacé l'outillage manuel. Ces machines étiraient les fibres, par un mouvement mécanique latéral.

Ainsi, à la suite de la création de l'arsenal de Rochefort par décision de Colbert en 1661, une corderie royale fut construite et achevée en 1669. Sur les plans de Vauban, une deuxième corderie fut construite dans l'arsenal de Toulon, c'est la plus grande qui ait jamais été construite en France.
Les cordages d'un même navire étaient bien sûr de grosseurs variables selon leurs usages respectifs : drisses, écoutes, balancines étaient moins gros que les haubans, les étais, ou pire encore, les grelins et câbles des ancres atteignant jusqu'à vingt centimètres de diamètre. Un vaisseau sous Louis XIV portait environ 110 tonnes de cordages de chanvre qui, mis bouts à bouts, couvraient une distance de près de 100 kilomètres. Après le bois, c'était le matériau le plus utilisé dans la Marine

Le rouissage du chanvre
La récolte se fait par arrachage. Les plantes sont ensuite liées en petites bottes et destinées, après un petit temps de séchage, au rouissage.
Le rouissage consiste à faire macérer le chanvre dans l'eau pendant plusieurs jours. Cette opération, qui polluait l'eau, était réalisée dans l'eau courante des cours d'eau avoisinant les zones de culture. Le rouissage permet de dissoudre la gomme qui soude les fibres de la plante. Dès que les fibres se détachent sur toute la longueur, la plante est sortie de l'eau pour être séchée. On peut ensuite procéder au broyage.
Le broyage et le teillage
Le broyage se faisait à l'aide d'une broie (broye ou brée en langue ancienne). C'est une sorte de grande mâchoire en bois, parfois en métal qui se referme sur les tiges. En passant les plantes dans la broie, toutes les parties non fibreuses sont broyées.
Le teillage permet d'éliminer toutes les parties broyées au cours de l'étape précédente. Le teillage est réalisé avec de gros peignes (dits aussi "pointes à chanvre") posés à plat dans lesquels on passe les fibres pour les débarrasser des dernières impuretés. On ne conserve alors que la fibre sous forme de filasse, ce qui nécessite un véritable tour de main pour l'extraire des pointes métalliques de l'outil.
Le cardage ou affinage
L'affinage de la fibre se fait au moyen de cardes. Les fibres sont peignées et démêlées afin de les rendre bien parallèles pour le filage.
Pour cette opération, on utilisait des cardes à main. Avec l'essor de la mécanisation au XIXe siècle, les cardeuses mécaniques (à balancier) puis les cardeuses à tambour ont remplacé l'outillage manuel. Ces machines étiraient les fibres, par un mouvement mécanique latéral.
