ACCUEIL
ACTUALITÉS
ILE-DE-FRANCE ARCHIVES DES CONFERENCES L'ASSOCIATION CONFERENCES NEPTUNIA MODELISME BOUTIQUE
EN LIGNE LIENS CONTACT
ILE-DE-FRANCE ARCHIVES DES CONFERENCES L'ASSOCIATION CONFERENCES NEPTUNIA MODELISME BOUTIQUE
EN LIGNE LIENS CONTACT

Les secrets de construction des gondoles vénitiennes
par M. Jean-Claude Chazarrin
Le 8 mars 2010
Le 8 mars 2010
Depuis l'installation des premiers vénètes dans les îles de la lagune,
tous les déplacements se sont effectués grâce à divers types de bateaux,
lesquels ont été aussi utilisés pour apporter les matériaux nécessaires
à la construction de la Sérénissime.
Les premiers portraits de gondoles apparaissent au XVe siècle dans les tableaux de Carpaccio et de Mansuetti. C'est alors une barque d'environ 8,5 m de longueur, aux extrémités pointues et relevées, réservée au transport de passagers, politiciens et nobles qui adoptent ce mode de transport jusque là réservé au peuple.
La gondole va ensuite évoluer au fil des siècles, s'allongeant pour atteindre un peu moins de 11 mètres au XIXe siècle où on la retrouve sous le pinceau de Canaletto. Elle est pourvue d'un fer de proue que le monde entier connaît et qui à lui seul évoque la cité des Doges. C'est précisément au XIXe siècle qu'elle va acquérir une forme résolument asymétrique avec une carène tordue de 10° vers la droite, le bord gauche plus haut que le droit et des allonges de proue et de poupe inclinées de 10° vers la droite.
Ces caractéristiques nées en 1874 dans le chantier Tramontin (encore en activité aujourd'hui) ont été définies dans le but de permettre la nage à la vénitienne, l'unique rameur étant debout dans la partie arrière gauche et sa rame s'appuyant sur un grand tolet coudé, l'incontournable "procole". En effet, la forme asymétrique de la carène permet au bateau d'avancer en ligne droite bien que la poussée de la pelle dans l'eau des canaux soit effectuée uniquement à droite.
Un chantier de Venise
La construction d'un tel bateau paraît assez complexe au premier abord , en fait elle est basée sur
l'emploi de gabarits et surtout sur un certain nombre de tours de main transmis de père en fils.
La gondole actuelle, longue de 10,80 m pour 1,42 de largeur, est composée de 290 pièces de bois et de métal. Diverses essences de bois sont utilisées ; chêne, pin, acajou, orme, noyer... chacune en fonction de ses qualités propres. Son ossature est composée de 33 couples dont la maille de 30 cm n'a pas variée depuis des siècles et que l'on retrouve curieusement sur d'autres bateaux de la lagune. La gondole contemporaine est bien plus qu'un simple moyen de locomotion pour touriste en mal de folklore, elle est incontestablement le témoin d'un savoir faire quasi millénaire, un cas unique dans l'histoire de la construction navale et dans l'art d'avancer à l'aide d'une rame. On notera que la position et les gestes du gondolier n'ont pas changé depuis la Renaissance.
Enfin, l'approche des mystères de la construction de cette barque atypique n'est pas à la portée du premier visiteur de Venise, car la transmission des techniques se faisant de bouche à oreille, il a fallu attendre qu'un chercheur passionné en étudie tous les secrets pour les coucher sur la papier. Il s'agit de Gilberto Penzo, que certains considèrent comme le "Boudriot" de la lagune, dont l'ouvrage sur ce sujet est à la fois complet et pédagogique grâce à des plans et une iconographie jamais vus jusqu'à présent.
Lien : Une vidéo sur les maquettes de Gilberto Penzo.
Les premiers portraits de gondoles apparaissent au XVe siècle dans les tableaux de Carpaccio et de Mansuetti. C'est alors une barque d'environ 8,5 m de longueur, aux extrémités pointues et relevées, réservée au transport de passagers, politiciens et nobles qui adoptent ce mode de transport jusque là réservé au peuple.
La gondole va ensuite évoluer au fil des siècles, s'allongeant pour atteindre un peu moins de 11 mètres au XIXe siècle où on la retrouve sous le pinceau de Canaletto. Elle est pourvue d'un fer de proue que le monde entier connaît et qui à lui seul évoque la cité des Doges. C'est précisément au XIXe siècle qu'elle va acquérir une forme résolument asymétrique avec une carène tordue de 10° vers la droite, le bord gauche plus haut que le droit et des allonges de proue et de poupe inclinées de 10° vers la droite.
Ces caractéristiques nées en 1874 dans le chantier Tramontin (encore en activité aujourd'hui) ont été définies dans le but de permettre la nage à la vénitienne, l'unique rameur étant debout dans la partie arrière gauche et sa rame s'appuyant sur un grand tolet coudé, l'incontournable "procole". En effet, la forme asymétrique de la carène permet au bateau d'avancer en ligne droite bien que la poussée de la pelle dans l'eau des canaux soit effectuée uniquement à droite.
Un chantier de VeniseLa gondole actuelle, longue de 10,80 m pour 1,42 de largeur, est composée de 290 pièces de bois et de métal. Diverses essences de bois sont utilisées ; chêne, pin, acajou, orme, noyer... chacune en fonction de ses qualités propres. Son ossature est composée de 33 couples dont la maille de 30 cm n'a pas variée depuis des siècles et que l'on retrouve curieusement sur d'autres bateaux de la lagune. La gondole contemporaine est bien plus qu'un simple moyen de locomotion pour touriste en mal de folklore, elle est incontestablement le témoin d'un savoir faire quasi millénaire, un cas unique dans l'histoire de la construction navale et dans l'art d'avancer à l'aide d'une rame. On notera que la position et les gestes du gondolier n'ont pas changé depuis la Renaissance.
Enfin, l'approche des mystères de la construction de cette barque atypique n'est pas à la portée du premier visiteur de Venise, car la transmission des techniques se faisant de bouche à oreille, il a fallu attendre qu'un chercheur passionné en étudie tous les secrets pour les coucher sur la papier. Il s'agit de Gilberto Penzo, que certains considèrent comme le "Boudriot" de la lagune, dont l'ouvrage sur ce sujet est à la fois complet et pédagogique grâce à des plans et une iconographie jamais vus jusqu'à présent.
Lien : Une vidéo sur les maquettes de Gilberto Penzo.
